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segolin183

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Mi-ange mi-démon

Publié le par nesci marc
Publié dans : #poesie

Ecrire

Ecrire, pourquoi écrire, pourquoi gratter
Avec la plume le papier sans s’arrêter
Noircir la feuille encore, mais à quoi sert d’écrire
Quand la pensée s’enfuit et n’a plus rien à dire.

Ecrire de beaux vers d’une forme parfaite,
Métrique et perfection sont alors à la fête.
Mais la forme est–elle suffisante au bonheur
Quand l’écrit sec et dur dit l’absence de cœur ?

Ecrire d’un seul jet, comme cela vous pousse,
Les mots pétillants, comme la bière monte en mousse.
Poèmes d’un instant, qu’on ne peut reproduire,
Souvent très imparfaits, mais qui savent séduire.

Ecrire ses amours dans leurs joies et leurs peines,
En sanglots déchirants que l’autre lit à peine,
Qui n’apporteront rien de mieux qu’entretenir
Des regrets perçants et de tristes souvenirs.

Ecrire la nature en mots très perfectibles,
Pour rendre sa magie souvent indescriptible,
En phrase trop fadasses et trop édulcorées
Pour nous restituer ses moires colorées.

Ecrire le social, la misère et la faim,
Et les conflits mortels dont on ne voit la fin,
Où la haine de l’homme et sa folie, en maîtres
Règnent et semblent vouloir nous faire disparaître.

Quand tout cela sera écrit, sera gravé,
Les esprits matériels, les âmes dépravées
Les gens d’économie, de pouvoir et d’argent
Diront : « A quoi sert la poésie ? » doctement.

« Et bien, Messieurs, si poésie est éternelle,
Si elle a survécu aux guerres et querelles,
C’est qu’elle sait apporter à ceux qui la lisent
Le rêve que la plupart d’entre vous méprisent ».

« Entrez à l’Oasis, et venez découvrir
Comment on peut aimer, comment on peut souffrir,
Comment, loin de toute gloire et modestement,
Nous appelons un monde meilleur, simplement. »

Un grand chagrin d’amour, écrit avec le cœur,
Résonnera pour ceux qui vivent ce malheur.
Une belle passion sera un beau soleil

A ceux qui auront pu en connaître un pareil.

Pauvreté et misère appellent à nos devoirs
D’ouvrir les yeux autour de nous,et enfin,voir.

La nature décrite en sa fraîche beauté
Nous apporte évasion et puis sérénité.

Le poète qu’on veut ignorer, qu’on méprise
Nous livre ce sur quoi pouvoir, argent, n’ont prise,
Un rayon de printemps, un peu de vraie tendresse,
Une pensée pour ceux qui souffrent ou qu’on agresse.

Et parfois, au hasard des pages et des mots,
Un texte saute aux yeux, il nous semble si beau,
Nous parlant très profond, qu’il nous incite à dire :
« Ah, ce poème là, j’aurais aimé l’écrire .»

Le 23 août 2006
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nesci marc 31/10/2015 19:59

Pour moi écrire Daniel c'est refuser de mourir ,c'est lutter contre ma condition d'hemi c'est pour exister autrement que dans les magazines ou la télévision ,c'est pour me distinguer du foutras actuel du politiquement correct de ces idéologies iconiques et connement religieuses ,c'est pour tout cela Daniel que j'écris et je n’arrêterais décrire que lorsque je serai au bout du chemin!
Amitiés
Marc

Le Mousquetaire des Mots 30/10/2015 00:22

bien senti et bien dit. j'aime beaucoup ce poème où tu dévoiles ce qu'est pour toi la poésie. Les mots sont là, bien présents, pleins de sens. Tu dis en termes simples le besoin de dire avec des mots ce que d'autres peignent ou sculptent. A lire et à relire pour bien s'en imprimer.
PS : 5ème strophe : "en phrase" réclame le pluriel (voir les adjectifs qui accompagnent)

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